Sortie au Tata sénégalais

Dans le cadre du projet histoire et mémoire financé par la région Auvergne Rhône Alpes, les élèves de 3° prépa-métier et les élèves de la classe UPE2A sont partis le mardi 17 mai à Chasselay pour découvrir le Tata sénégalais.

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A l’occasion de cette visite beaucoup d’entre eux ont découvert non seulement le mot « mémorial » mais aussi un pan méconnu de l’histoire de France : la débâcle de juin 1940 et la présence de soldats africains au sein de l’armée  française.

La visite du cimetière militaire des tirailleurs sénégalais de Chasselay était assurée par deux historiennes appartenant à l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre qui ont raconté aux élèves des 2 classes les circonstances du massacre de ces soldats postés à cet endroit stratégique de la nationale 6 pour arrêter l’armée allemande et l’empêcher d’entrer à Lyon.

A partir de photographies récemment retrouvées elles nous ont montré les clichés des derniers instants de ces tirailleurs et le pré même où ils ont été fusillés (alors que les soldats d’origine française étaient épargnés). Puis elles ont expliqué comment, pendant les premières années de la guerre, ce lieu de massacre était peu à peu devenu un cimetière militaire : l’occasion de rappeler à travers ce mémorial, d’une part les ambiguïtés du régime de Vichy partagé entre la collaboration au pouvoir raciste des Nazis et le patriotisme des intérêts coloniaux, et d’autre part les victoires de la France libre et des alliés qui en reconquérant les colonies françaises d’Afrique rendaient possible le débarquement de Provence, la victoire contre l’Allemagne Nazie et annonçaient l’indépendance des pays d’origine de ces tirailleurs : Le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Maroc…

Pour la plupart des élèves africains de la classe d’UPE2A, les noms inscrits sur ces tombes ne leur était pas étrangers, ils y reconnaissaient des patronymes familiers de leur pays, de leur langue ou de leur région d’origine.

Après un pique-nique sur les berges de la Brevenne, l’après-midi a permis à chaque élève par groupes de 3 ou 4 de travailler sur des copies de documents authentiques (livret militaire, avis de décès, fiche d’enregistrement…) fournis par les historiennes de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, afin de cerner, en répondant à un questionnaire, l’identité véritable de plusieurs de ces soldats et de comprendre une partie de leur histoire et de leur destin. Une belle façon de se mesurer aux sources historiques, de prendre conscience non seulement des difficultés du métier d’historien mais aussi de sa passion : donner une réalité à des hommes dont le temps a effacé le souvenir et qui ne sont plus que des noms inscrits sur une pierre tombale.

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